Pourquoi "les biches" ?


 

"Pour la petite histoire, ce n'est pas venu tout de suite, je pourrais même ajouter que nous étions dans une impasse... Il nous fallait quelque chose de féminin, sauvage, rassurant, un peu rebelle, indépendant, beau voir majestueux, curieux, mobile... à l'image que nous nous faisions de nos lectrices. Après un mois toujours rien ! Puis au détour d'une de mes pérégrinations culturelles, je tombe sur ça :

 

 

La Biche de Ceyrinie  

 

(3ème travail d'Hercule - Héraclès, en grec ancien)

 

 

"... Après les deux premiers succès éclatants d’Héraclès, Eurysthée lui ordonne de capturer un animal certainement moins effrayant que le lion ou l’hydre mais tout aussi extraordinaire : une biche tachetée étrangement dotée de cornes d’or et de sabots d’airain. Rapide comme l’éclair elle appartenait à l’attelage de la déesse chasseresse Artémis, autant dire que l’animal sacré ne devait pas être blessé et encore moins tuée par le héros. Elle avait été récemment aperçue en train de gambader en Argolide. Il n’en faut pas moins au héros pour se lancer à la poursuite du cervidé divin ; très vite il est en vue de la colline de Cérynie et, dans le bois d’Oénoé, aperçoit la biche que jamais personne n’avait réussi à approcher. Mais à peine a-t-il fait un pas en direction de l’animal que ce dernier s’enfuit à une vitesse prodigieuse. Héraclès se rend compte alors de la difficulté de l’entreprise : comme il ne peut pas s’approcher du quadrupède il décide de le vaincre à l’usure.

 

 

Il s’arme de patience poursuivant sans relâche le véloce animal, le traquant jours et nuits ; la biche entraîne son chasseur toujours plus au nord, au-delà des territoires grecs, dépassant la mer Noire, traversant des régions brumeuses et envahies de neige, atteignant enfin le pays enchanteur des hyperboréens situé au nord le plus lointain, si lointain qu’on le localisait derrière le vent du nord. Un printemps éternel caractérisait cette contrée magique qu’on a parfois situé au nord de la mer Caspienne. Bref, arrivée aux limites du monde connu, la biche, quelque peu lasse, décide de faire demi-tour afin de regagner sa colline grecque. Elle se remit donc à cavaler de plus bel vers le sud, traînant dans son sillage son entêté chasseur ; néanmoins, la patience d’Héraclès va être finalement récompensée lorsque l’animal s’arrête pour boire sur les bords du fleuve Ladon, le héros observe alors que la biche, quelque peu exténuée, hésite à franchir le cours d’eau en crue ; il ne lui en faut pas moins pour bander son arc et tirer une flèche qui vient se nicher entre l’os et le tendon : avec une dextérité hors du commun il réussit à immobiliser les pattes avants du cervidé sacré sans que ne coule une seule goutte de sang. Après une année entière de course poursuite, Héraclès pouvait enfin empoigner le jusqu’à présent insaisissable quadrupède, et le charger sur ses épaules ..."

 

 

 

L'histoire m'a séduite immédiatement, et le parallèle avec nos rencontres amoureuses toujours alambiquées (à la limite des tragédies grecques) m'a sauté aux yeux. En effet, il faut trouver la "bonne" biche, la chasser, la séduire, l'apprivoiser et enfin la ramener... tout ça pendant un certain temps ! C'est, bien sûr, un peu cliché, mais nous sommes toutes, à tour de rôle, la biche ou le chasseur...

 

Voilà pourquoi notre logo est une biche à corne !

 

Mlle Biche